L'argent de poche

L'argent de poche, objet de tant de discussions et de revendications ... Et de comparaison aussi, avec ce que reçoivent les copains. Si l'argent de poche offre l'avantage d'apprendre aux enfants à gérer un budget à petite échelle, ce n'est pas pour autant un droit de l'enfant : la liberté est totale pour les parents d'en donner ou de ne pas en donner et d'en donner beaucoup ou peu.

À quel âge donner de l'argent de poche ? À quelle fréquence ? Quel montant ? Dans une tirelire ou sur un compte ? L'important, en tous cas, c'est d'apprendre à votre enfant à bien l'utiliser et de ne pas intervenir chaque fois qu'il n'en a pas assez.

  1. L'argent de poche permet à l'enfant de se familiariser avec la gestion d'un petit budget, à son échelle. L'enfant découvre la valeur de l'argent, il apprend à faire des choix, se familiarise avec la notion de budget et commence à comprendre qu'il faut épargner pour s'offrir, plus tard, quelque chose de plus important que des bonbons.
    Il fera des erreurs mais elles ne sont pas encore trop graves. Moins grave en tous cas que lorsqu'un adulte prend de mauvaises décisions financières qui engagent des sommes plus importantes.

    Donner de l'argent de poche est donc, pour le jeune, une forme d'apprentissage.

  2. Les enfants ont de nombreux droits : droit à être logé, nourri, à être habillé, à être protégé, droit à l'éducation, etc. Tant que l'enfant vit avec vous, ces droits sont naturellement respectés : il mange et vit avec vous, et vous lui achetez ses vêtements et son matériel scolaire. S'il vit ailleurs, ces droits font l'objet d'une somme d'argent sous forme de contribution alimentaire.

    Mais les droits de l'enfant ne vont pas jusqu'à vous obliger à lui donner de l'argent de poche. Vous avez parfaitement le droit de ne pas lui en donner. Dans ce cas, il vaut mieux lui expliquer les raisons de votre décision.

  3. Il n'y a pas d'âge auquel il convient impérativement de commencer à donner de l'argent de poche.

    Il est toutefois préférable d'attendre que l'enfant sache compter. En principe, un enfant commence à savoir faire des calcul simple à partir de la première primaire. Donc, le début de l'argent de poche pourrait coïncider avec le début de l'école primaire. Ainsi, il pourra calculer combien il reçoit, combien coûte ses bonbons préférés, combien il lui resterait s'il achetait ce collier avec les bonbons troués.

    Chaque semaine ou chaque mois ?

    Une semaine c'est déjà très long pour un enfant de 6-7 ans, alors un mois ... c'est une éternité ! Par contre, pour un jeune ado, le responsabiliser en l'obligeant à gérer son budget sur un mois peut être une bonne chose.

  4. Notre enfant est revenu de l'école en disant qu'il ne recevait pas assez d'argent de poche. Son copain lui a dit qu'il y avait des "barèmes" : suivant l'âge, les enfants devraient recevoir une somme bien précise. Est-ce vrai?

    Non, ce n'est pas vrai. Les parents sont libres de ne pas donner d'argent de poche à leurs enfants, et s'ils en donnent, ils ont une totale liberté quant au montant, n'en déplaise à votre enfant !

    Ce que vous donnez dépendra de l'âge de votre enfant, du niveau de vos revenus et de ce que votre enfant doit payer avec son argent de poche. Il n'y a donc pas de barème.

    Par contre, des études sont régulièrement publiées sur ce que les enfants reçoivent par tranche d'âge. Les montants mentionnés dans ces études ne sont que des moyennes : certains enfants reçoivent plus que les montants indiqués et d'autres moins.

    En Belgique, une enquête sur l'argent de poche a été réalisée par le Centre de Recherche et d'Information des Organisations de Consommateurs (CRIOC). Les réponses ont été récoltées auprès de 3.000 jeunes et donnent une indication des montants usuels.

    Combien d'argent de poche par semaine ? 10 ans 11 ans 12 ans 13 ans 14 ans 15 ans 16 ans 17 ans
    1.500 euro (revenu mensuel brut des parents) 3,1 3,8 4,5 5,8 6,2 6,4 6,5 6,9
    2.500 euro (revenu mensuel brut des parents) 5,7 6,2 6,4 6,9 7,1 10,1 12,3 14,3
    4.000 euro (revenu mensuel brut des parents) 4,2 4,9 5,2 6,3 8,2 10,0 13,3 16,6

    Source: CRIOC, enquête argent de poche 2011 (en euro)

    Quel que soit le montant que vous décidez de donner, expliquez à votre enfant pourquoi vous ne lui donnez pas plus d'argent de poche, et ce que ça représente pour vous en termes d'heures de travail par exemple. Faites avec lui votre budget mensuel afin qu'il se rende compte que toutes les petites sommes qu'il demande peuvent avoir une influence sur le budget de votre famille.

  5. Tout dépend de l'âge de votre enfant. Pour l'enfant de 7 ans, de l'argent sur un compte en banque ne représente pas grand chose. Par contre, les pièces que vous lui donnez, c'est du concret.

    Un compte d'épargne peut se justifier, même petit, pour l'épargne à long terme, et les plus grosses sommes d'argent qu'il pourrait recevoir à son anniversaire par exemple.
    Et à partir d'environ 12 ans, il est intéressant de considérer l'ouverture d'un compte courant.

    Quand il est encore petit, donnez-lui des pièces de différentes valeurs et expliquez-lui la différence entre les pièces. Il apprendra ainsi à les identifier, à les additionner et à comprendre leur fonctionnement. Rien de tel qu'un exemple concret pour que votre enfant apprenne le maniement de son argent de poche. N'hésitez pas à l'accompagner au supermarché pour acheter des bonbons. Laissez le choisir ses bonbons et ensuite laissez le payer. Il fera ainsi ses premiers pas de "gestionnaire d'un budget". Car en définitive n'est-ce pas pour ça que vous lui donnez de l'argent de poche ? Pour qu'il apprenne la valeur de l'argent et à gérer son budget.

    Le jeune ado paie souvent ses dépenses avec sa carte de banque : le cinéma, son abonnement GSM, ses dépenses courantes. Avec un compte bancaire, il apprendra en outre l'utilisation du compte et le décryptage des extraits de compte. Il peut également transférer de l'argent sur son compte d'épargne. Il apprendra ainsi la notion d'intérêts et de capitalisation des intérêts : le fait que les intérêts, s'ils restent sur le compte, vont s'ajouter à la somme s'y trouvant déjà et vont eux-mêmes produire des intérêts.

  6. Dès leur naissance, les enfants reçoivent de l’argent en guise de cadeau : chaque personne qui chérit ses petits-enfants ou son filleul a envie de participer à la constitution d’une tirelire « pour plus tard » et offre avec plaisir un billet en guise de cadeau. Il n’est pas conseillé de garder cet argent chez soi. Mais, est-il intéressant d’ouvrir un compte jeune et quelles sont les conséquences de l’ouverture d’un compte au nom de votre enfant ? 
     
    A partir de quel âge pouvez-vous ouvrir un compte pour un enfant ? 
     
    Cela peut se faire à partir de n’importe quel âge. Certaines banques proposent des comptes bébé : il s’agit de comptes qui peuvent être ouverts à partir de 3 mois avant la naissance. Ce compte reste alors au nom des parents jusqu’à ce que le bébé soit né, après quoi il devient un compte jeune normal au nom de l’enfant. Auprès d’autres banques, un numéro de compte peut être réservé avant la naissance de l’enfant. Le compte est alors ouvert au moment de la naissance. Sur ce compte, le parrain, la marraine, les grands-parents et les autres membres de la famille peuvent verser de l’argent. 
     
    Un compte d’épargne jeune rapporte-t-il plus ? 
     
    Un compte jeune rapporte-t-il davantage qu’un compte d’épargne ordinaire ? Cela varie d’une banque à l’autre. Notre simulateur de comptes d’épargne fournit une comparaison exacte de ce que rapportent les comptes d’épargne de la quasi-totalité des banques belges. Avec cet outil très simple d’utilisation, vous pouvez vérifier vous-même si un compte jeune auprès de votre banque rapporte davantage qu’un compte d’épargne « ordinaire » : cliquez ici, cochez ‘oui’ sous la rubrique ‘compte jeune’ et comparez les résultats avec ceux obtenus en cochant ‘non’. Vous remarquerez que les résultats sont souvent quasiment les mêmes. Notez qu'auprès de certaines banques, les comptes jeunes rapportent davantage.
     
    Les parents peuvent-ils retirer de l’argent du compte de leur enfant ? 
     
    La réponse à cette question est ‘oui’. Mais uniquement si les parents utilisent l’argent dans l’intérêt de leur enfant. Faut-il avoir recours à un juge de paix pour retirer de l’argent du compte de votre enfant, comme on l’entend parfois ? Lorsque les parents veulent vendre ou donner des biens appartenant à leurs enfants, le juge de paix doit d’abord donner son autorisation ; c’est par exemple le cas lorsqu’un enfant a hérité une maison d’un de ses grands-parents et que les parents veulent vendre cette maison. Cette obligation n’existe pas si vous désirez retirer de l’argent d’un compte au nom de votre enfant en vue de l’utiliser dans l’intérêt de l’enfant. Avec cet argent, vous pouvez ainsi lui acheter quelque chose, payer ses études ou simplement placer l’argent sur un compte qui rapporte plus que le compte où l’argent se trouve. En cas de doute, la banque peut s’opposer au retrait d’argent du compte d’un enfant, mais ces cas sont très rares. Lorsqu’un enfant atteint l’âge de 18 ans, il peut exiger le remboursement de l’argent que les parents auraient utilisé pour eux-mêmes. 
     
    Et lorsque les parents ne s’entendent plus ? 
     
    Les deux parents peuvent retirer séparément de l’argent du compte de l’enfant. La banque part du principe que chacun des parents est d’accord avec ce que fait l’autre. Si l’un des parents a un doute vis-à-vis de l’autre, il doit le signaler à la banque. Dès que la banque a un doute quant à l’accord de l’autre parent, elle peut exiger que les parents agissent de façon conjointe. Si les parents n’exercent pas ensemble l’autorité sur l’enfant, seul celui qui exerce l’autorité peut gérer l’argent de l’enfant . 
     
    A partir de quel âge les enfants peuvent-ils retirer de l’argent de leur compte ? 
     
    Toute personne âgée d’au moins 18 ans peut disposer librement de l’argent sur son compte. A partir de 16 ans, les jeunes peuvent retirer de l’argent de leur compte, sauf si leurs parents s’y opposent. Avant cet âge, les enfants ne peuvent retirer de l’argent de leur compte qu’avec la permission des parents. La plupart des banques proposent cependant une carte bancaire jeune à partir de 12 ans. Les parents peuvent fixer eux-mêmes la somme que l’enfant peut retirer par jour ou par semaine avec cette carte. 
     
    Que pouvez-vous faire si vous craignez que votre enfant dilapide toutes ses économies à 18 ans ? 
     
    Il n’est pas rare qu’un jeune organise pour ses 18 ans une énorme fête ou qu’il dépense d’une autre façon toutes ses économies en très peu de temps. Si le compte est au nom du jeune, il peut décider librement de ce qu’il fait de son argent à partir de 18 ans. En tant que parent, il ne vous est pas possible de vous y opposer. 
    Vous tenez à garder un certain contrôle ? Economisez alors pour votre enfant sans placer l’argent à son nom. Vous le placez alors sur un compte séparé au nom des parents. Il est également possible d’opter pour une combinaison des deux formules : 
    • un compte au nom des parents pour l’argent destiné aux grosses dépenses, comme les études ou un logement ; et
    • un compte au nom de l’enfant pour l’argent qu’il peut utiliser librement. 
     
  7. Donner de l'argent de poche à votre enfant va lui apprendre ce qu'est un budget. Et ce, quel que soit son âge. Au début ce sont des choses très simples, comme l'achat de friandises. Par après d'autres postes s'ajouteront dans le budget : les vêtements, les sorties, etc. Pour les aider dans la gestion de leur budget, vous trouverez sur ce site un calculateur de budget très simple et sympa.

    Donner de l'argent de poche est l'occasion de familiariser votre enfant avec la valeur de l'argent.

    Expliquez-lui :

    • que l'argent que vous lui donnez ne sort pas de nulle part, qu'il a été gagné par vous, et a été sorti de votre poche pour aller dans la sienne. Vous trouverez ailleurs sur ce site des explications quant à la tenue d'un budget de ménage ;
       
    • que tout l'argent qu'il reçoit ne doit pas être systématiquement dépensé ;
       
    • que recevoir de l'argent c'est l'occasion de se constituer une épargne, et qu'avec celle-ci il pourra s'offrir quelque chose de plus important que des bonbons. Pour concrétiser ce principe avec un enfant plus jeune, fixez avec lui un objectif réaliste, accessible en quelques semaines et évaluez régulièrement combien il a déjà épargné et ce qu'il doit encore économiser.

    Expliquez-lui également qu'un compte d'épargne va lui permettre de gagner de l'argent à travers le paiements d'intérêts.

    Idéalement, laissez-le gérer seul son argent de poche mais donnez-lui quelques conseils, explications et recommandations quant à la manière de le gérer, de l'utiliser, et de hiérarchiser ses besoins.

  8. L'argent de poche, c'est le premier pas dans la gestion d'un budget. Une fois que tout a été dépensé, c'est terminé. Votre enfant devra attendre la semaine prochaine ou le mois prochain pour à nouveau dépenser de l'argent. Il apprendra ainsi à faire des choix. Si votre enfant n'a jamais assez d'argent, revoyez avec lui ses dépenses : doit-il payer trop de choses de sa poche ? Si cela s'avère le cas, mieux vaut augmenter son budget et s'y tenir que de lui donner systématiquement des extras.

  9. Épargner ou investir pour un enfant afin qu’il puisse entrer dans le monde adulte avec quelques économies pour l’aider, est loin d’être une mauvaise idée. Mais, comment s’assurer que l’argent économisé soit bien mis à disposition de l’enfant le jour « j » ? Comment éviter que cet enfant dilapide tout cet argent en futilités lors de son 18ième anniversaire ? Comment des grands-parents peuvent-ils s’assurer que les (ou un des) parents ne s’accaparent pas l’argent destiné à leur enfant ?

    Les différentes options

    Si vous ne désirez pas prendre le moindre risque avec l’argent économisé, épargner sur un compte épargne est la solution la plus connue et la plus facile. Notre Simulateur-épargne peut vous aider à dénicher les comptes d’épargne jeunes qui offrent les meilleures conditions.  N’attendez toutefois pas des rendements mirobolants de ces comptes d’épargne alors que les taux d’intérêts sont au plus bas.

    Si vous êtes prêts à prendre plus de risque pour potentiellement obtenir un meilleur rendement vous pouvez « investir ».

    Investir se fait toujours sur un compte-titres. C’est un compte qui est couplé à un compte courant et qui sert uniquement à conserver des actions, des fonds, etc. Lorsque vous investissez pour votre (petit-) enfant, vous devez donc ouvrir un compte-titres.

    Que votre choix se porte sur le compte d’épargne ou l’investissement via le compte-titre, trois possibilités s’offrent à vous. Vous pouvez les ouvrir à votre nom, au nom de l’enfant ou “avec stipulation pour autrui”.

    Avantages et inconvénients de chacune de ces formules 

    Un compte-titres à votre nom :

    + vous gardez le contrôle total du compte. Si vous avez besoin d’argent en urgence, rien ne vous empêche de retirer l’argent du compte-épargne ou de  vendre des titres;

    + vous donnez l’argent à votre (petit-) enfant au moment où vous estimez qu’il est prêt à le recevoir ;

    - en cas de décès prématuré, il n’y aucune certitude que l’argent ira bien à l’enfant désigné. Le capital tombe dans la succession générale et est grevé de droits de succession ;

    - si vous décédez dans les 3 ans qui suivent la date de la donation d’argent ou d’investissements, des droits de succession sont également dus ;

    - vous ne le ressentirez probablement pas comme étant une épargne pour un enfant bien précis.

    Un compte-titres au nom de votre (petit-) enfant :

    + vous avez la certitude que l’argent ira bien à votre (petit-) enfant ;

    + le capital tombe en dehors de la succession si vous venez à décéder prématurément. Seuls les versements des 3 dernières années avant le décès font partie de la succession ;

    - si vous êtes le parent de l’enfant, il n’est vraiment pas évident de pouvoir vendre les titres en cas, par exemple, de difficultés financières. Pour pouvoir vendre, vous devez en effet démontrer que cette opération se fait dans l’intérêt de l’enfant ;

    - à partir du 18e anniversaire du (petit-) enfant, vous perdez tout contrôle sur le compte.

    Il existe une solution intermédiaire : un compte-titres avec stipulation pour autrui au profit de l’enfant ou des petits-enfants que vous désignez.

    Comment cela fonctionne ? À l’ouverture d’un compte à votre nom, vous désignez un bénéficiaire. Vous mentionnez également la date à laquelle le capital revient au bénéficiaire : à son 18e anniversaire ou plus tard. Avant cette échéance, vous pouvez modifier aussi bien la date de clôture du compte que le nom du bénéficiaire, voire retirer de l’argent du compte. À l’échéance, vous donnez définitivement les fonds à l’enfant désigné (il s’agit dans ce cas d’une donation) et vous ne pouvez plus intervenir.

    + cette formule offre toute certitude quant au bénéficiaire et vous pouvez déterminer vous-même le moment auquel ce dernier recevra le capital investi ;

    + le compte reste à votre nom et vous pouvez toujours procéder à des retraits d’argent ;

    - en cas de décès prématuré, le bénéficiaire devra payer des droits de succession. Le compte-titres sera bloqué jusqu’à ce que le (petit-)enfant ait atteint l’âge qui avait été stipulé.

    - si vous décédez dans les 3 ans qui suivent la date de clôture du compte, des droits de succession sont également dus, car vous avez fait cadeau des investissements par voie de donation.