Le job d’étudiant

Entre les guindailles, le loyer du kot et les livres à acheter pour les cours, votre budget est très serré. Pourquoi ne pas prendre un job d'étudiant ? Attention, toutes les offres d'emploi ne sont pas labélisées job d'étudiant. Une série de conditions doivent être remplies pour qu'un job puisse être qualifié de job d'étudiant. Pour qu'un job d'étudiant reste avantageux il faut respecter certaines règles. Vous ne pouvez par exemple pas travailler plus de 475 heures par an sous peine de voir vos cotisations sociales augmenter. De même surveillez la hauteur de vos revenus afin de conserver le droit aux allocations familiales et de rester fiscalement à charge de vos parents
 
Après quelques recherches vous avez trouvé un job d'étudiant répondant à ces critères. Avant de vous mettre au travail demandez à votre patron de signer un contrat de travail. C'est obligatoire. Ce contrat doit entre autres préciser le nombre d'heures de travail et votre salaire. Sachez toutefois que le salaire brut mentionné n'est pas celui que vous toucherez effectivement. Il faut entre autres déduire les cotisations sociales et le précompte professionnel pour avoir une idée du salaire net qui sera versé sur votre compte en banque.
 
Cela fait maintenant trois semaines que vous travaillez. Les conditions de travail sont difficiles et vos horaires vous empêchent de suivre une partie des cours. Vous voulez démissionner. Rédiger une lettre de démission et faites la signer à votre patron. Dans le cadre d'un job d'étudiant la période de préavis est relativement courte; donc dans quelques jours vous pourrez à nouveau suivre régulièrement les cours.

LES CONSEILS WIKIFIN

  • Avant de signer votre contrat, lisez-le attentivement, et conservez la copie qui vous sera remise ; vous en aurez besoin, le cas échéant, pour contrôler votre salaire ou pour toute autre information importante.
  • Notez soigneusement les jours et heures prestés afin de pouvoir vérifier, au terme du contrat, si le salaire perçu correspond bien aux prestations.
  1. Sans l’ombre d’un doute. Vous êtes d’ailleurs près de 400 000 chaque année à saisir cette opportunité de gagner de l’argent pour financer vos études ou vos loisirs !

    Conditions d’embauche

    Vous pouvez commencer à travailler avec un  contrat étudiant dès 15 ans si vous avez terminé les deux premières années de l’enseignement secondaire. Si pas, il faudra attendre votre 16e anniversaire.

    Bon nombre d’employeurs n’embauchent toutefois pas d'étudiant(e)s de moins de 18 ans pour des questions d’assurances et de responsabilités.
    Si vous terminez vos études en juin, vous pourrez encore travailler sous contrat étudiant durant les vacances d’été. Vous pouvez travailler sous contrat d’étudiant jusqu’au 30 septembre que vous soyez ou non inscrit comme demandeur d’emploi.

    Plus d’infos sur le statut d’étudiant.

  2. Outre le respect de l’âge minimum de l’étudiant évoqué ci-dessus, un job étudiant doit remplir certains critères.

    • Conditions importantes du job étudiant
    • L’étudiant et l’employeur doivent signer un contrat à durée déterminée, qu’on appelle « contrat d’occupation d’étudiants ».
    • L’étudiant a droit à un salaire minimum garanti, précisé dans le contrat de travail et qui varie selon le secteur d’activités. À défaut de barème dans le secteur, il perçoit un pourcentage du salaire minimum mensuel garanti. Pour plus d'informations à ce propos, voir ce site. Les heures supplémentaires éventuelles doivent être payées en sus.
    • Certains travaux dangereux ou insalubres sont interdits, de même que le travail de nuit. Des règles précises s’appliquent également en matière de santé et de sécurité au travail.
    • En cas de maladie ou d’accident, l’étudiant est tenu de prévenir immédiatement son employeur, comme n’importe quel travailleur salarié. Si l’étudiant a travaillé moins d’un mois auprès du même employeur, les jours de maladie ne seront pas payés.
       

    Plus d’infos sur les conditions d’un job étudiant.

    Le conseil Wikifin

    • Notez soigneusement les jours et heures prestés afin de pouvoir vérifier, au terme du contrat, si le salaire perçu correspond bien aux prestations.
  3. À moins de décrocher un job dans l’entreprise qui emploie l’un ou l’autre de vos parents, il vous faudra faire preuve de débrouillardise. Différents canaux de recherche d’emploi peuvent être utilisés. N’en négligez aucun !

    Établissement scolaire

    La plupart des établissements d’enseignement supérieur ont un service d’aide à l’emploi, qui centralise les offres, les classe par secteur d’activités, niveau d’études requis, etc. De tels services vous conseillent également dans votre démarche de recherche d’un job étudiant, notamment en ce qui concerne vos droits et responsabilités.

    Services régionaux de l’emploi

    À Bruxelles, en Flandre et en Wallonie, les services régionaux de l’emploi ont une liste de jobs à pourvoir pour les étudiants. Par exemple, du soutien scolaire à domicile, des animateurs ou animatrices pour enfants, de la vente ou de la prospection commerciale, etc.

    Agences d’intérim

    Les employeurs font de plus en plus appel aux agences d'intérim même pour les jobs d’étudiants. Dans ce cas, c’est l’agence qui sera votre employeur, et non l’entreprise au sein de laquelle vous allez travailler. Et les conditions d’occupation relatives aux deux statuts - étudiant et intérimaire - devront alors être respectées.

    Les organisations de jeunes

    Les organisations de jeunes peuvent vous aider dans votre recherche d’emploi. Certains sites sont également spécialisés dans les emplois jeunes : StudentJob, par exemple, est l’un des plus grands portails d’emplois pour étudiants en Europe.

    Candidature spontanée

    La candidature spontanée consiste à envoyer directement son CV et sa lettre de motivation aux entreprises qui vous intéressent. Certains secteurs d’activités sont « gourmands » en jobs étudiants durant l’été : la grande distribution, le tourisme, l’horeca, etc.

    Les conseils Wikifin

    • Surfez sur le site student@work, qui liste un grand nombre d’organisations proposant des jobs pour étudiants.
    • Soignez l’orthographe et la présentation de votre courrier de sollicitation, et mettez en avant les compétences utiles dans le type de job que vous visez (connaissances linguistiques et/ou informatiques, permis de conduire, etc.).

     

  4. Pour payer moins de cotisations sociales qu’un travailleur “ordinaire”, vous ne pouvez pas travailler plus de 475 heures par année civile (c’est-à-dire entre le 1er janvier et le 31 décembre de la même année). Si vous dépassez ce « contingent d’heures », vous (ainsi que votre employeur) serez soumis au paiement de cotisations sociales normales, forcément plus élevées. Seules les heures dépassant les 475 heures par an seront soumises aux cotisations sociales normales.

    Par ailleurs, pour rester fiscalement à charge de vos parents, sachez que vos revenus ne peuvent dépasser un certain plafond. Si vos revenus sont trop élevés, vos parents peuvent perdre leurs droits aux allocations familiales et vous devrez, le cas échéant, vous affilier à une mutuelle.

    L’application en ligne Student@work vous permet de vérifier le nombre de jours que vous pouvez encore prester comme étudiant jobiste. Elle vous permet également d’imprimer une attestation pour votre futur employeur. Celui-ci voudra, en effet, savoir combien de jours il peut vous employer sous statut d’étudiant.

    En tant qu’étudiant vous devez donc garder à l’œil trois limites à ne pas dépasser :

    • 475 heures par an pour ne pas devoir payer des cotisations sociales plus élevées ;
    • Surveiller les montants gagnés (ce montant dépend de votre situation familiale) pour rester fiscalement à charge de vos parents ;
    • 240 heures par trimestre pour ne pas perdre les allocations familiales (mais il existe des exceptions à cette règle).
  5. Si c'est un contrat d'occupation d'étudiants, vous y êtes en effet tenu ! Vous devez avoir un accord écrit avec votre employeur pour une certaine durée. Cet accord écrit doit être signé en deux exemplaires (dont un pour vous) par votre employeur et vous-même. Ce contrat est essentiel car il vous permettra de faire respecter vos droits et de connaître vos obligations envers votre employeur. À titre informatif, vous trouverez ici un modèle de contrat.

    Le contrat doit être signé au plus tard au moment de votre entrée en service. Même si vous avez moins de 18 ans, vous pouvez conclure et résilier seul votre contrat. De même, vous pouvez percevoir votre salaire sur un compte bancaire à votre nom, sauf opposition de vos parents ou de votre tuteur légal.

    Mentions obligatoires

    Différentes informations doivent figurer sur votre contrat d’occupation d’étudiants, notamment :

    • l'identité de l'employeur. Celui-ci n'est pas spécialement la personne que vous avez en face de vous. Il peut s’agir d’une agence d'intérim ou d’une société (par exemple, un groupe de la grande distribution, une boutique, etc.) ;
    • la date de début et de fin d’exécution du contrat ;
    • le nombre d'heures à prester par jour et par semaine ;
    • le lieu où vous allez travailler ;
    • le type de travail que vous allez effectuer ;
    • votre rémunération ou les éléments qui permettent de la calculer ;
    • s'il y a ou non une période d'essai et les conséquences si l'essai ne donne pas satisfaction à l'employeur.
       

    Plus d’infos sur les mentions obligatoires du contrat d’occupation d’étudiants.

    Et si je travaille au noir ?

    Tout travail non déclaré (ou travail au noir) peut avoir de fâcheuses conséquences pour l’employeur mais aussi pour vous : pas de couverture en cas d’accident, risque de ne pas recevoir le salaire minimum garanti, risque de perdre le droit aux allocations familiales, etc.

    Le conseil Wikifin

    • Avant de signer votre contrat, lisez-le attentivement. Et conservez la copie qui vous sera remise : vous en aurez besoin, le cas échéant, pour contrôler votre salaire ou pour toute autre information importante.
  6. Vous pouvez renoncer à votre job étudiant avant le terme prévu, mais sous certaines conditions.

    Pendant la période d’essai

    Dans un contrat d’occupation d’étudiants, la période d’essai est normalement de 3 jours. Vous pouvez mettre un terme à votre contrat durant cette période sans période de préavis ou indemnité. Votre employeur peut également, de son côté, mettre un terme au contrat durant ces 3 jours.

    Durant la période d’essai, cette rupture de contrat peut se faire oralement, sans autre formalité.

    Après la période d’essai

    Une fois la période d’essai achevée, la loi prévoit une durée de préavis, c’est-à-dire un nombre de jours que vous devrez prester en cas de démission ou de licenciement par votre employeur.

    Si c’est vous qui démissionnez, le délai de préavis est de 1 jour si votre contrat a une durée inférieure ou égale à un mois, et de 3 jours si votre contrat a une durée supérieure à un mois.

    En revanche, si votre employeur décide de vous licencier, le délai de préavis sera respectivement de 3 jours et de 7 jours.

    Dans un cas comme dans l’autre, le préavis doit être notifié par écrit. 

  7. Le salaire brut est celui que l’employeur vous paie. Il en déduit les cotisations sociales et le précompte professionnel qui sont à votre charge. Le montant qui reste correspond au salaire net.

    Cotisations sociales

    Dans la pratique, votre salaire net ne sera guère inférieur au salaire brut car vous ne devrez-vous acquitter que d’une cotisation de solidarité à la sécurité sociale. Condition sine qua non : ne pas dépasser le quota de 475 heures de travail autorisé par année civile et ce, quel que soit le nombre d'employeurs. La cotisation de solidarité équivaut à 2,71% de votre salaire brut. De son côté, l’employeur devra, lui aussi, verser une cotisation de solidarité, correspondant à un montant de 5,42% du salaire brut.

    En revanche, si vous travaillez plus de 475 heures sur une année, vous et votre employeur paierez les cotisations sociales normales à partir de la 476ème heure, ce qui diminuera d'autant votre salaire net. En règle générale, vos cotisations s’élèvent à 13,07% du salaire brut.

    Précompte professionnel

    Aucun précompte professionnel ne sera retenu sur votre salaire à condition que :

    • un contrat de travail écrit valable soit établi ;
    • aucune cotisation de sécurité sociale ne soit due sur votre salaire (sauf la cotisation de solidarité) ;
    • vous travailliez moins de 475 heures sur l’année civile.
       

    Pécule de vacances

    Si vous ne payez qu’une cotisation de solidarité, vous n’avez pas droit à des jours de congé ni à un pécule de vacances. Vous bénéficiez, par contre, des jours fériés légaux.

    Et les impôts ?

    Comme toute personne soumise à l’impôt des personnes physiques (IPP), une partie de vos revenus imposables n’est pas soumise à l’impôt. C’est ce qu’on appelle la « quotité du revenu exemptée d’impôt ». Pour l’exercice d’imposition 2016 (revenus 2015), ce montant s’élève à 7 380 euros nets lorsque le revenu imposable ne dépasse pas 26 360 euros. Si votre revenu imposable se situe en deçà de ce montant de 7 380 euros, vous ne paierez donc pas d’impôt.

    Attention : si vous travaillez comme étudiant, vous devrez remplir une déclaration à l’impôt des personnes physiques, quelle que soit la hauteur de vos revenus. Chacun de vos employeurs est tenu de vous faire parvenir un document avec différentes cases déjà remplies. Les montants y mentionnés sont à reprendre dans votre déclaration d'impôts. Pensez, dès lors, à bien conserver ces documents. Ils arrivent, bien souvent, des mois avant que vous ne deviez remplir votre déclaration d'impôts...

    Plus d’infos concernant la déclaration à l’impôt des personnes physiques.
                   

  8. Fiscalité

    En règle générale, les enfants sont fiscalement à charge de leurs parents. Cela signifie que les parents bénéficient d'une plus grande réduction d'impôt dès lors qu'un enfant est à charge par rapport à un couple sans enfant. Pour l’exercice d’imposition 2016 (revenus 2015), la quotité du revenu exemptée d’impôt – c’est-à-dire la partie des revenus imposables non soumise à l’impôt – s’élève à 7 380 euros. Ce montant est majoré de 1 510 euros pour celui qui a un enfant à charge, de 3 880 euros pour celui qui a deux enfants à charge, de 8 700 euros pour celui qui a trois enfants à charge, etc.

    Autrement dit, le fait que vous soyez ou non fiscalement à charge de vos parents a un impact non négligeable sur les impôts qu’ils devront payer. 

    Conditions

    Pour rester fiscalement à charge de vos parents, plusieurs conditions doivent être remplies :

    • vous devez faire partie de leur ménage au 1er janvier de l’année suivant celle des revenus. S’agissant de la déclaration 2017 (revenus 2016), vous devez donc être encore domicilié chez vos parents au 1er janvier 2017. Le fait d’occuper un kot d’étudiant ne vous oblige pas à changer votre domicile;
    • vous ne pouvez pas percevoir de rémunérations qui constituent des charges professionnelles pour vos parents. En d’autres termes, vous ne pouvez pas les aider dans l’affaire familiale (par exemple, un commerce) en étant rémunéré pour cela;
    • vos ressources nettes ne peuvent pas excéder 3 120 euros nets (revenus 2015) si vos parents sont considérés comme des conjoints sur le plan fiscal ou 4 500 euros nets (revenus 2015) si vos parents sont considérés comme des isolés sur le plan fiscal. Ces montants sont plus élevés si vous êtes porteur d’un handicap.
       

    Attention : une partie des rentes alimentaires et, pour les jeunes qui sont majeurs ou émancipés, les revenus immobiliers et les revenus issus de placements financiers font partie des ressources nettes.

    Plus d’infos au sujet du montant des ressources nettes.

    Allocations familiales

    Les allocations familiales sont accordées sans restriction jusqu’au 31 août de l’année où vous atteignez l’âge de vos 18 ans. Ce droit est maintenu jusqu’à la date anniversaire de vos 25 ans si vous poursuivez des études de plein exercice.

    Pour préserver le droit aux allocations familiales entre 18 et 25 ans, vous ne pouvez toutefois pas travailler plus de 240 heures par trimestre durant l’année scolaire/académique. Si vous outrepassez cette limite vos parents perdent leurs droits aux allocations familiales pendant un trimestre entier.

    La limite des 240 heures ne s’applique pas pour les mois de juillet, août et septembre (il n’y a pas non plus de limite de rémunération durant ce troisième trimestre), sauf si vous ne reprenez pas les cours à la rentrée de septembre.

    Mutuelle

    Si vous avez moins de 25 ans et continuez à bénéficier des allocations familiales, vous pouvez rester inscrit sur la mutuelle de vos parents comme personne à charge.

    Si vous avez plus de 25 ans et que vous êtes toujours étudiant, vous devez vous affilier à une mutuelle en tant que « titulaire étudiant ». Vous êtes libre de choisir la mutuelle de votre choix : n’hésitez donc pas à comparer leurs offres !

    Si vous êtes étudiant et que vous travaillez, avec un contrat d’occupation d’étudiants ou autre, vous ne pourrez rester personne à charge que si vos revenus ne dépassent pas un certain plafond. Renseignez-vous à ce sujet auprès de la mutuelle de vos parents ou celle de votre choix.