Travailler comme indépendant

Le statut d’indépendant offre de nombreux avantages : vous êtes votre propre patron, vous organisez vous-même votre travail et choisissez vos horaires, vous développez un projet personnel et si les affaires marchent bien, vous pourrez même générer un beau revenu.

Mais cette indépendance a aussi un prix. Vous devrez en effet régler beaucoup de choses vous-même : la création de votre affaire, la constitution d’un fichier clients, la gestion de l’administration, …

En tant qu’indépendant vous devrez aussi relever de nombreux défis financiers. Souvent, il faut une somme importante pour monter sa propre affaire. En période de crise, le nombre de commandes peut baisser et les revenus peuvent diminuer. Si vous êtes indépendant, mieux vaut vous préparer à une perte de revenus éventuelle. La pension légale que vous percevrez en tant qu’indépendant est également inférieure à celle des fonctionnaires ou des travailleurs salariés. Ne manquez pas d’épargner à temps pour votre pension.

Vous pouvez choisir d’associer le statut d’indépendant et un travail de salarié : vous serez alors un indépendant à titre complémentaire.

  1. Si vous envisagez de monter votre propre affaire, vous avez le choix entre créer une société (personne morale), ou travailler sans société (comme indépendant en personne physique). Dans le deuxième cas, on parle aussi « d’entreprise individuelle » ou parfois aussi d’ « unipersonnelle ».

    Si vous optez pour une entreprise individuelle, les choses sont assez simples et vous pourrez démarrer très rapidement : l’administration et les coûts de création d’une activité sont minimes. En revanche, créer une société demande plus d’efforts et d’argent. Chaque formule a ses avantages et ses inconvénients.

    Pour faire un choix entre une entreprise individuelle ou une société, vous devez bien réfléchir et prendre en considération différents critères, comme :

    • l’activité que vous voulez exercer ;
    • si vous travaillez seul ou avec d’autres personnes ;
    • les moyens financiers dont vous avez besoin ;
    • les impôts que vous allez devoir payer ;
    • le risque de perdre tous vos biens privés dans le cadre de votre activité indépendante.
       

    Le site web du SPF Économie explique en détail la différence entre une entreprise individuelle et une société (p53). Sachez en outre qu’il existe différentes formes de sociétés. À vous de choisir celle qui vous convient le mieux. Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul face à ces choix. Un comptable ou un notaire, ou un autre expert en qui vous avez confiance, peuvent vous conseiller. Différentes organisations spécialisées, comme l’UCM, l’Agence pour l’Entreprise et l’Innovation (AEI en Région wallonne), le FOREM, ACTIRIS ou encore BECI et d’autres peuvent vous aider à monter votre affaire et vous guider par la suite.

    Réfléchissez bien aux aspects suivants :

    Votre responsabilité

    Supposons que vous débutez avec une entreprise individuelle, donc sans société, et que vous empruntez de l’argent à la banque ou à des amis. Mais les affaires vont moins bien que prévu et vous ne pouvez pas rembourser votre (vos) emprunt(s). Dans ce cas, vous devrez peut-être vendre tous vos biens privés, comme votre maison par exemple, pour rembourser ces dettes. Les juristes appellent cela la responsabilité illimitée.
    Dans le cadre de cette responsabilité, vos créanciers peuvent aller jusqu’à saisir votre habitation pour la vendre et se rembourser. Pour éviter cela, vous pouvez effectuer une “déclaration d’insaisissabilité” devant notaire. Envisagez cette possibilité, même si vous n’êtes indépendant qu’à titre complémentaire ou si vous êtes pensionné et ne travaillez qu’occasionnellement comme indépendant.
    Plus d’infos sur la protection de l’habitation privée contre la saisie.

    En fonction des termes de votre contrat de mariage, vos créanciers peuvent également s’adresser à votre conjoint(e) pour le remboursement de vos dettes.

    Si vous avez une société, vos pertes éventuelles se limitent en principe à l'argent que vous avez mis dans cette société. Votre responsabilité est donc limitée. Mais, il existe des exceptions à cette règle générale.

    D’où vient l'argent pour investir dans votre activité ?

    Un indépendant qui débute a souvent besoin de beaucoup de choses, comme un véhicule, un ordinateur, des outils, un bâtiment, … Lorsque vous dépensez de l’argent pour votre affaire, cela s’appelle un investissement. Et, dès le lancement de votre activité vous aurez aussi besoin d’argent pour payer des factures, alors que vous n’aurez pas encore beaucoup de revenus...

    La somme de départ à investir dans une affaire varie d’un cas à l’autre. La VAO (Vlaams Agentschap Ondernemen) estime que 20 à 40 % des capitaux nécessaires à votre affaire devraient provenir de vos moyens propres, mais cela peut aussi être 10 %. Préparez-vous à devoir payer vous-même une partie de l'investissement.

    Pour réunir suffisamment de fonds, vous pouvez éventuellement faire appel à votre famille et à vos amis, qui peuvent mettre de l'argent à disposition et devenir copropriétaires de l'affaire. Mais ils peuvent aussi vous prêter de l'argent qu’il faudra rembourser.

    Vous pouvez aussi emprunter votre capital de départ à une banque, mais dans ce cas, vous devrez présenter un « business plan » détaillé. Ce « business plan » ou « plan d’affaires » fait état de la faisabilité technique, commerciale et financière de votre projet. La banque demande souvent aussi des garanties pour couvrir le risque qu'elle prend.

    Songez aussi aux petits coups de pouce financier du gouvernement aux entreprises débutantes. Informez-vous pour savoir si vous y avez droit.

    Vous avez peut-être entendu parler du crowdfunding, une méthode alternative pour lever un capital de départ sans devoir vous adresser à une banque.

    La sécurité sociale, une obligation qui vous protège

    En tant qu’indépendant, vous devez cotiser vous-même pour votre sécurité sociale. Si vous vous affiliez à une caisse de sécurité sociale et payez correctement vos cotisations sociales tous les trois mois, vous serez couvert et aurez droit en tant qu’indépendant, à une pension, à des allocations familiales, au remboursement de vos soins de santé et à un revenu de remplacement en cas de maladie. Les femmes indépendantes bénéficient aussi d’indemnités lors d’un congé de maternité.

    Le montant des cotisations à payer dépend de vos revenus d'indépendant durant les trois dernières années. Les nouveaux indépendants paient des cotisations sociales en fonction des revenus qu’ils prévoient de générer.

    Une liste des caisses d’assurances sociales est reprise sur le site internet de l’INASTI, l'Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants.

    La fiscalité de votre entreprise

    Vous allez devoir payer des impôts sur les revenus de votre activité indépendante. Vous devrez aussi payer certaines taxes et peut-être aussi déclarer votre TVA. En outre, vous allez devoir tenir une comptabilité correcte.

    Il y a une grande différence entre la fiscalité d’une entreprise individuelle (indépendant en personne physique) et celle d’une société. Dans le cas d’une entreprise individuelle, le bénéfice est taxé via l'impôt des personnes physiques. Les impôts sont calculés sur le revenu professionnel net (= revenus professionnels – dépenses professionnelles). Le pourcentage d’impôts que vous devrez payer augmentera en même temps que vos revenus professionnels. Il s'agit en effet d'un impôt progressif : plus vous gagnerez, plus vous devrez payer d’impôts.

    Les sociétés quant-à-elles sont soumises à l’impôt des sociétés. Celui-ci est calculé sur le bénéfice de la société. Il ne s’agit pas ici de ce que les associés gagnent, comme dans le cas de l'entreprise individuelle, mais bien du bénéfice de la société dans son ensemble. Le tarif de l’impôt des sociétés est uniforme et se monte à maximum 33,99 %, mais certaines entreprises ont droit à des taux réduits.

    En tant que gérant ou associé, votre travail peut être rémunéré par un salaire. Dans un tel cas, vous travaillez en tant que salarié. Ce salaire est taxé via l’impôt des personnes physiques. Votre société peut également vous verser une partie de ses bénéfices, ainsi qu’aux autres propriétaires de votre société (aux « actionnaires »). Le bénéfice qui est distribué aux propriétaires de la société s’appelle le « dividende ». La société devra payer un impôt (le « précompte mobilier ») de 30 % sur ces dividendes.

    Vous l’aurez compris : la fiscalité d’une entreprise est très compliquée. N’hésitez pas à vous faire aider par un spécialiste, comme un comptable.

    Estimant qu’un bon départ est indispensable, le SPF Economie a compilé toutes les informations nécessaires pour aider l'indépendant qui débute.

  2. Voici les obligations à respecter lorsque vous lancez votre propre activité indépendante :

    • Affiliez-vous à une caisse de sécurité sociale
      À défaut, une amende vous sera infligée. Si vous payez correctement vos cotisations sociales, vous aurez droit, en tant qu’indépendant, à une pension, à des allocations familiales, au remboursement de vos soins de santé et à un revenu de remplacement en cas de maladie. Les femmes indépendantes bénéficient aussi d’indemnités lors d’un congé de maternité.
    • Informez votre mutuelle
      Signalez que vous allez démarrer une activité indépendante.
    • Signalez les modifications de votre situation professionnelle ou familiale
      Vous êtes obligé de signaler toute modification à votre caisse de sécurité sociale. Si vous avez un enfant de plus, si vous vous mariez, divorcez, … informez-en votre caisse de sécurité sociale.
    • Demandez un numéro d’entreprise
      Inscrivez-vous auprès du guichet d’entreprise de votre choix à la Banque Carrefour des Entreprises, qui vous donnera aussi votre numéro d'entreprise.
    • Activez votre numéro de TVA
      Rendez-vous pour ce faire, avec votre numéro d’entreprise, à l’administration de la TVA de votre arrondissement. Une fois encore, le guichet d'entreprise peut vous aider.
    • Ouvrez un compte bancaire pour votre activité d’indépendant
      Il n’y a aucune obligation, mais il est vivement conseillé d’ouvrir un compte en banque spécifique pour votre activité d’indépendant afin de faciliter la gestion de vos finances.
       

    Le site internet de l’INASTI fournit des informations détaillées sur les obligations légales des indépendants.  

    Le SPF Economie peut également vous fournir des informations pour la création de votre propre affaire. Vous trouverez sur leur site internet une liste de toutes les démarches à accomplir pour créer votre entreprise. Le BECI (Brussels Entreprises Commerce and Industry) s’intéresse plus particulièrement aux jeunes indépendants bruxellois et répond à une série de questions autour de «  Comment créer ma société ? ». La Wallonie fournit également son lot d’informations aux « futurs indépendants » désireux de créer une entreprise.

  3. Pour lancer votre propre affaire, vous aurez besoin d'argent. Vous allez en effet devoir investir dans un bâtiment, une voiture, des machines et du matériel, … Et sans doute attendre un moment avant que vos clients paient leurs factures. Entretemps, vous devrez payer vos propres factures d'eau, de gaz, d'électricité, de téléphone et tous les autres moyens nécessaires pour travailler. Un bon conseil : établissez un plan financier réaliste pour déterminer exactement de combien d'argent vous avez besoin. Vous pourrez ainsi démarrer votre activité sans souci.

    Plusieurs sources d’argent peuvent vous aider à lancer votre activité :

    Votre propre épargne

    Vous pouvez utiliser votre propre épargne pour financer le démarrage de votre entreprise.

    Vos amis et votre famille

    Votre propre épargne peut être une première source de financement. Vous pouvez peut-être aussi vous adresser à votre famille et à vos amis. En investissant dans votre affaire, ils peuvent en devenir copropriétaires. Ils auront alors droit à une partie de votre bénéfice. Mais, ils pourront aussi perdre l'argent qu'ils ont investi si vos affaires ne marchent pas bien.

    Amis et famille peuvent aussi vous emprunter de l’argent. L’entreprise devra vous rembourser cet argent, la plupart du temps avec un intérêt.

    Via une banque…

    De nombreuses starters recourent à des crédits bancaires pour financer leur affaire. Il existe différents types de crédits bancaires pouvant répondre à différents tyoes de besoins financiers. Les intérêts sur ces crédits bancaires sont des dépenses professionnelles fiscalement déductibles.
    Peut-être que votre partenaire devra se porter caution pour que vous puissiez obtenir votre crédit bancaire, ce qui peut impliquer un risque à court comme à long terme. Informez-vous bien sur les conséquences de la caution. Sachez qu’en adaptant votre contrat de mariage il est possible de réduire ces risques.

    … à court terme

    Vous manquez d'argent à court terme ? Un client ne paie pas une grosse facture et vous n’avez pas d’argent pour acheter du matériel ? Le crédit de caisse peut alors venir à point. Avec un crédit de caisse, le compte à vue d’un indépendant peut descendre en dessous de zéro jusqu’à une certaine limite. Ce type de crédit est pratique pour faire face à des problèmes financiers temporaires. Mais attention, vous payez des intérêts débiteurs sur les sommes utilisées en dessous de zéro. Et ceux-ci peuvent être assez élevés. Le crédit de caisse coûte cher. Mieux vaut donc en limiter l’usage autant que faire se peut.

    … à moyen terme

    Vous voulez faire une grosse dépense mais vous n’avez pas l’argent nécessaire dans l’immédiat ? Vous savez que vous l’aurez dans quelques mois. Dans ce cas, vous pouvez utiliser une avance à terme fixe. Les avances à terme fixe permettent de palier aux manques d’argent pendant une période relativement courte et dont la durée est connue au préalable. Elles sont octroyées pour maximum un an.

    Imaginez que vous avez un magasin de matériel de cuisine design. Après la faillite d'un fabricant, vous avez l’occasion de racheter un stock important. Mais vous n’aviez pas envisagé une telle dépense : elle n’était pas budgétée. Une avance à terme fixe vous permet de la financer. Et lorsque ce stock sera vendu avec bénéfice quelques mois plus tard, vous rembourserez en une fois le prêt avec les intérêts à la banque.

    Les avances à terme fixe sont aussi appelées ‘straight loans’.

    …à long terme

    Avoir sa propre affaire demande aussi de réaliser des investissements à plus long terme. Songez à l’achat d’un bâtiment, d'une machine, … pour votre activité indépendante. Vous ne pourrez évidemment pas rembourser un emprunt aussi  important en une année. Pour les investissements à long terme, vous pouvez recourir à un crédit d’investissement. La durée maximale d’un tel crédit dépend de la “durée de vie économique” du bien financé : on peut dire en général que plus longtemps le bâtiment, la machine, … peuvent être utilisés, plus la durée du crédit peut être longue.

    La banque vous laissera peut-être le choix entre un taux d’intérêt fixe pendant toute la durée, ou un taux d'intérêt variable, pouvant changer pendant la durée du crédit. Le plus souvent, le taux d'intérêt variable est plus bas, mais il peut augmenter considérablement pendant la durée du crédit. Vous n’êtes donc pas certain du montant que vous allez devoir rembourser chaque mois.

    Le site internet http://www.financementdesentreprises.be fournit des informations détaillées sur ce type de crédits et présente d’autres types de crédits pour les professionnels.

    Sur le site internet de la Wallonie dédié aux entrepreneurs vous trouverez toutes  les informations utiles sur les modes de financement.

    Via d’autres formes de financement

    Le crowdfunding est une forme alternative de financement. Il s’agit de lever des fonds auprès du grand public, via une plateforme internet. Souvent, ce sont des entrepreneurs débutants qui font appel au crowdfunding, parce qu'ils ne peuvent pas s’adresser aux banques ou à d’autres organismes financiers. Le crowdfunding peut se présenter sous différentes formes et pour des sommes très diverses. Mieux vaut toujours bien vous informer à l'avance sur le fonctionnement de la plateforme de crowdfunding avant de vous lancer, car ce type de financement a d’autres implications que le crédit bancaire. Le site internet http://www.financementdesentreprises.be donne des informations détaillées sur le crowdfunding.

  4. La création de sa propre entreprise implique des risques. En vous assurant bien, vous pouvez minimiser ou exclure certains risques. Quelques assurances sont même obligatoires pour les indépendants. Songez à vous faire aider par un expert en assurances qui veillera à ce que vous ne soyez pas sous-assuré ni sur-assuré.

    Assurances obligatoires pour les indépendants :

    • Responsabilité professionnelle : imaginez que vous êtes un entrepreneur du bâtiment et que vous avez commis une erreur en construisant une habitation familiale. Au bout d'un moment, la maison penche dangereusement et une partie du toit s'effondre. En tant qu’entrepreneur, vous allez devoir payer un dédommagement au propriétaire lésé par votre faute. Une assurance responsabilité professionnelle intervient dans ce cas-là.
    • RC-auto (responsabilité civile) : il s’agit de la partie obligatoire de l’assurance auto, à laquelle tout le monde doit souscrire.
    • Assurance accidents du travail : avez-vous du personnel indépendant à votre service ? Dans ce cas, vous êtes obligé de souscrire une assurance accidents du travail. Celle-ci protège les travailleurs contre les conséquences des accidents éventuels pendant le travail et sur le trajet entre le domicile et le travail.
       

    Assurances utiles pour les indépendants :

    • Assurance hospitalisation
      Une partie de vos frais de maladie est remboursée par la mutuelle. Mais comme ce remboursement n’est pas complet, vous pouvez envisager de souscrire à une assurance hospitalisation.
    • Assurance revenu garanti
      En cas de maladie ou d’accident, la mutuelle vous verse un revenu de remplacement. Mais il est limité. Envisagez de souscrire une assurance complémentaire revenu garanti pour limiter votre perte de revenu. Voir à ce sujet la rubrique “comment me préparer à une perte de revenus”
    • Assurances pension
      La pension légale des indépendants est souvent inférieure à celle des salariés. C’est pourquoi les indépendants ont intérêt à constituer une épargne pour une pension complémentaire. Ils peuvent le faire via différentes formules. Retrouvez toutes les informations à ce sujet ici.
    • Assurances dommages
      Une assurance dommages professionnels indemnise les dommages occasionnés à vos outils, vos matériaux, …. L’assurance incendie en fait partie par exemple. Il peut également être utile d’assurer spécifiquement certaines machines (coûteuses), comme par exemple un serveur, des ordinateurs, ... contre les dommages non consécutifs à un incendie.
       

    Selon la nature de votre activité indépendante, d'autres assurances encore sont imposées par la loi. Vous trouverez la liste des assurances obligatoires sur le site web de la FSMA.

  5. Si vous êtes en incapacité de travail suite à une maladie ou un accident, en tant qu’indépendant votre mutuelle vous versera un revenu de remplacement. Songez à le mentionner également sur votre déclaration d’impôts car ce revenu est taxable.

    Le revenu de remplacement versé par la mutuelle sera sans doute insuffisant pour vous permettre de boucler vos fins de mois. Un bon conseil : envisagez de souscrire à une assurance revenu garanti. En cas d’incapacité de travail, cette assurance vous versera régulièrement (par exemple chaque mois) un montant pendant toute la période convenue contractuellement (par exemple jusqu’à l’âge de la pension). Les primes que vous versez pour ce type d’assurance en tant qu’indépendant sont totalement déductibles fiscalement, car ce sont des dépenses professionnelles. Notez que les revenus de remplacement perçus sont taxables.

    Si vous rencontrez des difficultés financières, vous pouvez toujours vous adresser, à Bruxelles et en Wallonie, au CEd-W, le Centre pour Entreprise en difficulté.

    Les Conseils Wikifin

    Saviez-vous qu’en tant qu’indépendant vous avez peut-être droit à une compensation financière si vous subissez une perte en raison de travaux publics ?
    Plus d’infos sur la gêne occasionnée par des travaux :

    • à Bruxelles
    • en Flandre
    • en Wallonie la compensation financière en raison de perte suite à des travaux publics n'a plus cours actuellement.
       
  6. Informez-vous bien à temps sur la pension que vous toucherez en tant qu’indépendant. La pension légale est en effet généralement inférieure à celle d’un salarié ou d’un fonctionnaire et ne suffit généralement pas pour conserver un niveau de vie confortable.

    Avec votre carte d’identité, rendez-vous sur www.mypension.be pour savoir à combien vous aurez  droits à la pension.

    Pour constituer une pension complémentaire, vous pouvez recourir à différentes formules permettant d’épargner de manière fiscalement avantageuse :

    • la Pension Libre Complémentaire pour Indépendants (PLCI),
    • l’épargne pension,
    • l’épargne à long terme,
    • si vous avez créé une société : une assurance de groupe ou un Engagement Individuel de Pension (EIP).
       

    Mais vous pouvez aussi épargner sans bénéficier d’un avantage fiscal. Être propriétaire de son habitation est également une forme d’épargne pour sa pension.

    Une affaire florissante peut-être une belle épargne pour plus tard. Lorsque vous prendrez votre pension, vous pourrez la vendre. Plus votre activité indépendante est rentable, plus vous la vendrez à un bon prix. Mais en période de crise économique, elle peut aussi perdre de sa valeur et vous rapporter moins que ce que vous auriez espéré. Ne comptez pas seulement sur la vente de votre affaire pour financer vos vieux jours.

  7. Vous songez doucement à lever le pied ou à changer d’activité et vous désirez soit arrêter, soit transmettre votre affaire actuelle ?

    Vous pouvez transmettre votre affaire à un ou plusieurs de vos héritiers,  ou si vous n’avez pas d’héritier, la vendre :

    • Si vous transmettez votre affaire à un ou plusieurs héritiers, tenez compte des droits de succession qui peuvent être élevés.
    • Pour la vente de votre affaire, vous pouvez faire appel aux services d’un bureau spécialisé. Généralement, le nouveau  propriétaire vous demandera de rester quelques temps au sein de votre affaire pour veiller à la continuité de l’activité.
       

    Vous pouvez également, tout simplement, mettre un terme à votre affaire. Cesser l’activité d’une entreprise individuelle ou arrêter les activités d’une société suppose une série de formalités administratives. Un notaire peut s’avérer de bon conseil dans ce cas de figure.

    Pour arrêter votre activité vous devrez en tous cas :

    • Passez par le Guichet d’entreprise, qui règlera la désinscription de l’entreprise de la Banque Carrefour des Entreprises. Il vous aidera également à radier votre numéro d’entreprise.
    • Informez l’administration de la TVA de votre cessation d’activité.
    • Informez votre caisse de sécurité sociale dans les 15 jours.
    • Prévenez aussi votre mutuelle.
       

    Si vous souhaitez arrêter définitivement votre société, vous devez la dissoudre et cela suppose des démarches supplémentaires. Informez-vous auprès du Guichet d’entreprise.

    Le site internet de la Région Wallonne, www.infos-entreprises.be donne davantage d'infos sur ce que vous devez faire en cas de cessation de votre entreprise.

  8. Un fonctionnaire qui offre un service traiteur le week-end, un magasinier qui entretient des jardins après ses heures, une prof qui travaille comme coiffeuse quelques heures par semaine...

    Toutes ces personnes ont un emploi fixe et une activité secondaire en tant qu’indépendant. Si les revenus de cette activité d’indépendant sont limités, ce sont des indépendants à titre complémentaire. Par rapport à un indépendant, les indépendants à titre complémentaire payent des cotisations sociales moins élevées, mais ils n’ont pas droits aux indemnités sociales des indépendants (allocations familiales, pension, assurance faillite, …). Ils ont bien entendu droit aux indemnités sociales liées à leur activité principale.

    Le statut ‘d’indépendant à titre complémentaire’ peut être pour beaucoup un premier pas vers une activité indépendante complète. Vous couvrez partiellement les risques liés à votre propre activité par un emploi fixe et un revenu assuré. Pour d’autres, c’est un hobby qui évolue et devient rentable. Il y a beaucoup de raisons de débuter une activité avec un statut d’indépendant complémentaire.

    Concrètement, le statut d’indépendant à titre complémentaire implique que vous devez encore travailler au moins à mi-temps dans votre profession principale. En tant que fonctionnaire, ouvrier ou employé, vous devez prester au moins 50% d’un emploi à plein temps. Les enseignants doivent travailler au moins 60% d’un horaire complet.
    En principe vous pouvez consacrer autant de temps que vous le voulez à votre profession complémentaire. Les revenus de votre activité complémentaire ne sont pas plafonnés. Mais si ces revenus sont élevés, ils peuvent avoir un impact sur vos impôts et vos cotisations sociales.

    Vous ne devez pas immédiatement devenir indépendant à titre complémentaire si vous gagnez occasionnellement un peu d’argent, même si vous devrez déclarer les revenus de votre activité complémentaire à l’impôt des personnes physiques sous la rubrique ‘revenus divers’. En revanche, si vous gagnez régulièrement un revenu complémentaire, vous devrez devenir indépendant à titre complémentaire.

    Si vous répondez aux conditions pour devenir indépendant à titre complémentaire, et si vos revenus nets d’indépendant sont inférieurs à 12.870 euros, vous payerez moins de cotisations qu’un indépendant à titre principal.

    N’oubliez vos obligations fiscales ! Tout comme les indépendants ‘ordinaires’, vous devrez par exemple effectuer des versements anticipés aux impôts, afin d’éviter une majoration d’impôts.

    Si vous vous lancez comme indépendant à titre complémentaire, vous devrez accomplir quelques formalités administratives. Pour plus d’informations à ce sujet, adressez-vous à un Guichet d’entreprise proche de chez vous.

    Vous trouverez davantage d’informations sur le statut d’indépendant à titre complémentaire sur le site de l’INASTI et sur www.infos-entreprises.be.