Qui a peur de la volatilité ?

Vous vous intéressez aux marchés financiers ? Alors, vous aurez sans doute lu ou entendu que la volatilité fait son retour en bourse depuis quelques semaines. Mais qu’est-ce que la volatilité ? Peut-on s’en prémunir ?

La volatilité : des cours qui fluctuent

Le terme « volatilité » n’est qu’un mot compliqué que l’on utilise pour parler de la variabilité du cours d’actions ou d’obligations ou d’autre instruments financiers. Cette instabilité dépend évidemment du type de produit : les actions sont plus volatiles que les obligations

Plus un instrument financier est volatil, plus il est risqué : si son cours peut fortement grimper, il peut tout aussi bien chuter brutalement. Comme indiqué, les actions figurent parmi les instruments d’investissement dont la valeur est la plus mouvante et c’est pourquoi elles ont fait la une des journaux ces derniers temps. Raison pour laquelle on parle de « retour de la volatilité ». La volatilité des marchés des actions est restée très faible sur une longue période, marquée par quelques petites fluctuations journalières et une hausse presque ininterrompue des cours des actions. Depuis début février, les cours ont brutalement connu un vif repli puis des hausses et des baisses de parfois plusieurs pourcents par jour.

La volatilité pose-t-elle problème ?

La réponse à cette question dépend de chacun.

Oui, pour qui perd le sommeil parce que la valeur de son portefeuille d’investissement a faibli de quelques pourcents en quelques jours. Les économies ne doivent en effet pas provoquer des insomnies mais au contraire procurer un sentiment de sécurité.

Non, si l’on prend du recul et que l’on voit les choses à plus long terme. Les fluctuations de cours sont propres aux marchés des actions et sont inévitables. À long terme, les actions génèrent d’ordinaire un meilleur rendement que d’autres instruments. Il s’agit donc d’accepter que le marché des actions fluctue. Volatilité et investissement en bourse vont de pair, et si l’on veut gagner davantage qu’en plaçant son argent sur un compte d’épargne, il faut l’accepter. 

Comment mesure-t-on la volatilité ?

Il existe un indicateur de volatilité, qui est utilisé principalement pour le marché financier américain mais aussi pour d’autres : le VIX. Cet indice mesure en fait les anticipations des investisseurs quant à la variabilité d’un indice boursier (par exemple le S&P 500 aux États-Unis) pour la période à venir. Un indice VIX élevé signifie que les investisseurs s’attendent à ce qu’une grande volatilité règne durant cette période. En bourse, cet indicateur est également appelé indice de la peur : s’il est bas (entre 10 et 15), les cours grimpent gentiment ; s’il est haut, l’émotion est à son comble sur les marchés. Pour suivre l’indice VIX, cliquez ici.

Comment se protéger de la volatilité ?

La diversification offre une bonne protection contre la volatilité. Cela signifie qu’il faut investir dans différents types d’actifs : actions, obligations, matières premières, métaux précieux, etc. Une baisse de cours dans l’une des catégories pourra être compensée par une hausse dans une autre. Le portefeuille sera ainsi moins volatil dans l’ensemble. Ces dernières années, cette stratégie est devenue toutefois de moins en moins efficace car tous les actifs d’investissement ont de plus en plus tendance à évoluer dans la même direction.

Pour les investisseurs plus expérimentés, il y a d’autres moyens pour se prémunir d’une volatilité indésirable. Imaginons que vous possédiez un portefeuille d’actions et que vous craigniez que les cours baissent à cause, par exemple, de problèmes politiques dans un État membre de la zone euro. Vous pourriez vendre toutes vos actions et les racheter une fois ces problèmes résolus selon vous. Vous devriez cependant payer pas mal de frais de transaction, tant lors de la vente qu’au moment du rachat. Vous pouvez éviter cela en travaillant avec des instruments dérivés. Ce sont des instruments grâce auxquels vous pouvez vous assurer (dans le jargon financier, on dira « vous couvrir ») contre des baisses de cours temporaires.

Vous pouvez ainsi utiliser une option put. Cette option vous donne le droit de vendre une action ou un indice à un prix prédéterminé. Si le cours de l’action (ou de l’indice) commence à baisser, la valeur de l’option augmente, ce qui compense la perte sur l’action. Lorsque vous pensez que le marché a fini de chuter, vous pouvez vendre ce put ou l’exercer (c’est-à-dire vendre l’action ou l’indice au prix convenu). Nous traitons le put uniquement comme instrument de couverture contre une baisse du marché en général. Le risque d’une action individuelle qui dégringole pour des raisons propres à la société émettrice ne peut – sur le long terme – jamais être couvert.

Attention ! Ceci ne sont que les grands principes théoriques. Les instruments de ce type ne conviennent qu’aux investisseurs déjà plus expérimentés et certainement pas aux novices. Ils nécessitent une bonne compréhension des marchés et des produits financiers et un suivi attentif.