Un investissement entre fonds et action : les trackers

Que sont les trackers ?

Le mot “tracker” vient du verbe anglais “to track”, qui signifie “suivre”. Il s’agit d’instruments de placement qui tentent de reproduire ou de suivre la performance, par exemple, d’un indice d’actions ou d’un panier d’actions.

Les trackers sont cotés en bourse et c’est là aussi qu’ils se négocient. Le cours d’un tracker suit généralement l’évolution d’un large pan du marché : il peut s’agir d’un indice d’actions (par exemple, le Bel-20), d’un segment de marché comme celui des matières premières (par exemple, l’or, le café ou le pétrole), d’obligations ou de devises.

Concrètement, le gestionnaire d’un tracker va reproduire un indice d’actions en achetant toutes les actions composant cet indice ou une partie importante de celles-ci. En tant qu’investisseur, vous savez précisément ce que suit le tracker (aussi dénommé le « sous-jacent » du tracker). Il s’agit donc d’un produit transparent. C’est ce qu’on appelle un « tracker physique ».

Mais il existe un autre type de tracker : les trackers synthétiques. Le gestionnaire d’un tracker synthétique va quant à lui essayer de reproduire le sous-jacent en achetant notamment des produits dérivés (par exemple des options, des swaps, des contrats à terme, …). Un tracker de ce type peut dès lors s’avérer moins transparent.

Dans cet article nous ne parlerons que de la forme la plus courante de trackers : les trackers passifs. Les trackers sont passifs car le gestionnaire du tracker ne choisit pas de manière active les sous-jacents suivis : il achète des actions en se limitant à copier un indice par exemple.

Comme les trackers ressemblent fort à des fonds de placement, ils sont parfois dénommés ETF, pour Exchange Traded Funds.

Investir dans des indices boursiers ou dans matières premières par le biais de trackers 

Initialement, les trackers suivaient uniquement des indices d’actions, comme le Dow Jones ou l’Euro Stoxx 50. Ces trackers d’actions restent les plus populaires mais aujourd’hui, les trackers permettent également à l’investisseur ordinaire d’accéder au marché des obligations, des devises et des matières premières.

Ces dernières années, ce sont surtout les trackers sur matières premières qui ont gagné en popularité. Auparavant, les placements de ce type étaient réservés aux investisseurs professionnels. Un tracker sur matières premières vous offre la possibilité d’investir dans le cuivre, l’uranium, le charbon ou le coton, mais également dans des produits alimentaires, comme le sucre ou le café, dans le bétail (“livestock”) et dans des sources d’énergie telles que le pétrole et le gaz, ou même dans des droits de CO2.

Des voix s’élèvent pour souligner les inconvénients de l’engouement pour ces trackers, car d’après eux les investisseurs vont (indirectement) avoir une influence sur le prix de votre tasse de café par exemple. Ils invitent dès lors les investisseurs à considérer les aspects éthiques liés à un investissement dans un tracker qui suit, par exemple, le cours du blé. Votre investissement risque en effet d’influencer le prix du pain. De plus, ces marchés suivent une autre logique et ne sont pas dénués de risques pour les investisseurs (voir plus loin).

Quels sont les avantages des trackers ?

  • Frais de gestion peu élevés : par rapport surtout aux fonds de placement classiques, les trackers présentent des frais de gestion peu élevés. Ceux-ci s’élèvent généralement à 0,4 % ou moins (contre environ 2 % ou plus pour les fonds de placement classiques). C’est logique : suivre un indice de manière passive demande moins de travail que choisir et gérer activement les bonnes actions.
  • Prix clair, qui peut être fixé à tout moment de la journée : comme les trackers sont cotés en bourse, vous achetez et vendez au cours de la bourse du moment. Dans le cas des fonds de placement classiques, il faut généralement quelques jours avant que vous ne sachiez combien vous payez ou recevez pour l’achat ou la vente.
  • Possibilités de diversification : l’une des règles d’or des placements est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Avec les trackers, vous pouvez investir pour de petits montants dans à peu près tout ce dont le prix ou le cours est déterminé par un mécanisme de marché . Vous pouvez ainsi diversifier votre portefeuille de placements.

Quels sont les désavantages des trackers ?

  • Risque : vous pouvez perdre (une partie de) votre capital en investissant par le biais d’un tracker. Il n’existe pas sur le marché de trackers assortis d’une protection de capital.
  • Manque de transparence du côté des trackers synthétiques : il se peut que vous ne sachiez pas vraiment exactement dans quoi vous investissez.
  • Négociation parfois difficile : bien que les trackers soient cotés en bourse, il n’est pas garanti que vous trouviez une contrepartie lorsque vous souhaitez vendre. Vérifiez, avant de l’acheter, si le tracker est suffisamment négociable.
  • Dans certain indice, vous avez parfois une forte concentration de quelques grandes actions. Par exemple le tracker du Nasdaq 100 est un des plus important tracker au monde, mais seulement cinq actions (comme Apple, Amazon et Facebook) des 100 actions de l’indice déterminent plus de 40% de sa valeur. Votre investissement dans cet indice est donc fortement dépendant de la prestation d’un nombre restreint d’actions. Renseignez-vous sur la pondération des actions constituant l’indice avant d’y investir.
  • Les trackers sur matières premières exigent une connaissance particulière de la matière première concernée de la part de l’investisseur. Les marchés de matières premières sont très divers, la formation des prix est loin d’être intuitive et, sur certains segments, les prix peuvent connaître une évolution très capricieuse. Ces marchés ne suivent pas toujours la même logique que les marchés d’investissement classiques. Ils constituent un volet complexe des marchés financiers.

Quels sont les frais ?

Pour la plupart des trackers, vous payez les mêmes frais que pour l’achat d’une action en bourse. Ces frais peuvent varier sensiblement d’un établissement à l’autre. N’hésitez pas à les comparer :

  • Les frais de courtage : pour exécuter vos ordres d’achat et de vente, les banques ou les sociétés de bourse vous facturent des frais. De plus, la plupart des trackers sont cotés sur une bourse étrangère. Les frais de courtage sont alors souvent plus élevés que pour un achat ou une vente sur la bourse de Bruxelles.
  • Les droits de garde : la banque ou la société de bourse place les trackers achetés sur votre compte-titres et vous payez des droits de garde. Parfois, il peut s’agir d’un service gratuit.
  • Les frais de taux de change : les trackers sont parfois cotés en monnaies étrangères, comme le dollar US. Vous devez dans ce cas tenir compte également des taux de change.

Et quelles sont les taxes ?

  • La taxe boursière : elle s’élève à 0,27 %, tout comme pour les actions. Pour un achat de 1.000 euros d’actions, la taxe boursière s’élève donc à 2,7 euros.
    Vérifiez également car il existe des trackers pour lesquels cette taxe s’élève à 0,09 % ou 1,32 %.
  • Le précompte mobilier : la plupart des trackers d’actions rétrocèdent les dividendes qu’ils reçoivent des entreprises faisant partie de l’indice dans lequel ils ont investi. Ces dividendes font l’objet d’un précompte mobilier de 30 %, que vous devrez payer. Attention : la majorité des trackers sont étrangers. Les dividendes ont donc déjà été soumis au précompte mobilier à l’étranger. Le précompte mobilier retenu en Belgique vient s’y ajouter.
  • La taxe sur la plus-value ne s’applique pas à la plus-value sur les trackers. Une exception : si les trackers sont composés à 25 % ou plus d’obligations, vous devrez payer une taxe de 30 % sur la plus-value réalisée sur la partie obligataire.